Leblanc.                                        39
François Joullain, marchand d'eftampes ; François François, marchand mer­cier, tous demeurant quai de la Mégifferie, paroiffe St-Germain-l'Auxerrois : Lefquels nous ont rendu plainte contre le nommé Sylveftre Leblanc, occu­pant fur le quai une boutique où pendoit anciennement pour enfeigné : le Roi des Oifeaux, et nous ont dit que, au préjudice des règlemens de police, ledit Leblanc embarrafle la voie publique à un point fi confidérable par les farces et minauderies qu'il fait faire à ia porte de la boutique qu'il occupe, qu'il fait auffi fouvent lui-même ce que l'on nomme en termes de foire pa­rades, qu'ils fe voient eux plaignans au rifque d'être volés dans leurs bou­tiques par le nombre infini de petites gens qui s'amufent et paffent des après-dîners entiers à confidérer lcfdites parades dudit Leblanc, et qui, lorfque les voitures publiques viennent à palTer, fe précipitent Ies uns fur les autres, et ne fâchant où fe retirer, entrent dans leurs boutiques continuellement fans qu'ils puiffent rien dire, dans la crainte d'être infultés comme il arrive souvent, eux plaignans, leurs femmes ct leurs enfans ; ce qui les empêche de mettre aucune marchandife en étalage à leurs portes, ne voulant plus courir rifque d'être pillés et volés comme il arrivoit fouvent. Qu'outre Ies inconveniens qui peuvent réfulter de ces amas confidérablcs de petites gens qui tiennent entre eux des difeours et prennent les libertés les plus indécentes, ils ont re­marqué que nombre de filous fe fervent de cette occafion pour fatisfa.ire leurs mauvais penchans. Qu'il n'y a pas plus de quinze jours qu'un particulier voulant paffer fur le quai et ne le pouvant qu'avec peine, s'aperçut qu'un drôle lui vouloit prendre fa montre. Et comme d'ailleurs ils ont intérêt, tant pour eux que pour le public, à ne pas fe prêter à dc pareils embarras, ils font venus' nous rendre la préfente plainte.
Signé : P. Frenoir ; Petit; François; Joullain ; Crespy.
(Archives des Comm., n° 3390.)
II
L'an 1751, le jeudi n mars, neuf heures du matin, en notre hôtel et par­devant nous François Merlin, etc., eft comparu Silvcftre Leblanc, entrepreneur de fpectacles, demeurant quai de la Mégifferie, paroiffe St-Germain-FAuxer­rois : Lequel a dit et déclaré qué ce matin à 5 heures.il s'eft aperçu que l'on avoit, brifé la porte d'une cabane pofée fur des joues qu'il laiffe paffer la nuit ordinairement fur ledit quai, et étant entré dans ladite cabane, il a remarqué qu'on lui avoit volé premièrement un morceau de tapifferie de haute liffe verdure Aubuffon doublée par bande de toile verte tout neuf, con­tenant deux aunes un quart, un jeu complet de marionnettes, excepté le po­lichinelle, deux lanternes de verre, deux habits d'arlequin et - une paire de culottes d'arlequin, une marque de cuivre, un plat de cuivre, une livre de chandelle et la moitié d'un flambeau; que lefdits effets à lui volés peuvent